La gamme des Oaks & Âmes, rhum premium à base de jus de canne à sucre, est quasi complète. La distillerie d’Oxenham s’apprête à lancer le XO, élevé pendant six ans en fûts, et le Hors d’âge, qui compte plus de dix ans de maturation. Le premier sera mis sur le marché fin mars, et le second en juin. Ils viennent rejoindre sur les rayons les rhums Gold, White et VSOP d’Oaks & Âmes, mais aussi la collection Bougainville, également complète, le rhum Hors d’âge de cette gamme produite à base de mélasse ayant été mis en bouteille au début de décembre dernier.

Plus riches en saveurs que les rhums jeunes en raison de leur longue maturation, ces nouveaux spiritueux se dégustent comme un cognac ou un whisky, explique Cédric Oxenham, œnologue. « Le Hors d’âge de Bougainville est apprécié pour sa robustesse, ses notes intenses de chocolat et de caramel, qui offrent une expérience gustative profonde. Élégant et raffiné, celui d’Oaks & Âmes a des arômes plus herbacés, de fruits, de fleurs, et de caramel beurre salé… Une complexité qui vient de la variété de barriques où l’eau-de-vie est mise à vieillir avant d’être assemblée : des fûts ayant contenu du bourbon, du sherry, du vin blanc, du moelleux, et des barriques neuves de chêne américain », dit-il.

L’équipe d’Oxenham prévoit, pour mars, une tournée des cavistes d’Europe pour présenter ces nouveaux rhums. « La demande est forte sur nos marchés d’exportation, notamment en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en Russie, et la concurrence est rude », souligne Alan Oxenham, directeur marketing. « Il est important d’aller à la rencontre de nos partenaires pour leur partager l’histoire de nos produits et leur faire découvrir leur diversité. Nous serons également présents à ProWein, qui se tient à Düsseldorf et attire chaque année les grands acteurs du secteur », ajoute-t-il.

Le marché mondial du rhum connaît une croissance continue, avec un taux de progression de 5 % en moyenne. Alors que le rhum blanc a été, durant de nombreuses années, la star du marché mondial, ce sont les rhums ambrés, vieux et épicés, qui portent aujourd’hui cette croissance. Historiquement appréciés des connaisseurs, ils trouvent un intérêt grandissant auprès d’un nouveau public qui découvre la complexité et la diversité que le rhum peut offrir.

La particularité des rhums que lance aujourd’hui Oxenham est leur grande finesse, résultat de nouvelles techniques de réduction que Cédric a acquises l’année dernière auprès des maîtres distillateurs de cognac. Cette région est connue pour être « l’université » par excellence de l’eau-de-vie. Selon l’œnologue, la réduction du degré d’alcool, qui consiste à ajouter de l’eau à l’eau-de-vie pour baisser le degré d’alcool, doit être faite tout en douceur pour une meilleure préservation des arômes. « Nous avons commencé ce « mariage » en avril 2022, en ajoutant une petite quantité d’eau pour réduire progressivement le degré d’alcool d’environ 5 % chaque fois. Cette technique assure une plus grande stabilité du produit fini », explique Cédric.

Animée par une volonté d’excellence, Oxenham Craft Distillery recherche aussi des moyens d’améliorer la qualité de son produit de base. L’entreprise s’est rapprochée du MSIRI dans le but d’identifier des variétés susceptibles de donner des spiritueux qui plairont aux marchés d’exportation et feront la différence. « Les premiers essais sont très intéressants. L’expertise que Maurice a développée en matière de sols et de variétés a fait le succès de l’industrie sucrière. Nous sommes convaincus qu’elle peut de même porter très loin notre toute jeune industrie du rhum », se réjouit-il.