S’il fallait résumer le long parcours de Naden chez Oxenham en un mot, ce serait bien celui de la passion. Notre chef mécanicien, connu de tous dans la cour de notre bureau à Phoenix, célèbre cette année ses 42 ans dans l’entreprise. Un parcours qui a commencé alors que Naden n’était qu’un « zenes » et qui est fait aujourd’hui de nombreux souvenirs.

A 64 ans, cet habitant de Terre Rouge, passionné à la fois de mécanique et de travail social, garde aussi en tête des anecdotes qui auront marqué ce cheminement.

1. Un simple « bonjour », ou l’humilité des patrons

A seulement 19 ans, le jeune Naden est déjà apprenti mécanicien dans le garage de son oncle. Intéressé à apprendre et à découvrir davantage, il remarque que son voisin reçoit de temps en temps la visite d’un homme particulièrement poli et qui a toujours un « bonjour » souriant pour lui. Il se trouve que le voisin est chef mécanicien de la compagnie Oxenham et que l’homme en question n’est nul autre que l’un des patrons de l’entreprise. Cette bienveillante politesse l’intéresse et Naden, audacieux, fait part de ses intentions à son voisin. « Mo fi’nn demann li si mo kapav vinn travay dan sa konpani-la. Mo ti extra kontan travay mekanik e mo ti pe sir ki mo vwazin ti kapav ed mwa ». Naden rejoint l’équipe d’Oxenham peu de temps après. Avide de connaissance, il se laisse guider par son voisin, chef mécanicien de l’entreprise et apprend à gérer la petite flotte d’alors. Mais ce qui marque le jeune homme à ce moment, c’est l’humilité des patrons. « De-trwa semenn apre ki mo’nn rantre, mo fi’nn zwenn Mr Brian e Mr Clifford. Zot fi’nn demann mwa sipa mo em ki nouvo la e fi’nn dir mwa ki mo ti kapav ena enn zoli lavenir dan konpani ». Des encouragements qui donnent envie de se donner à fond selon Naden et ce, malgré les doutes présents dans son jeune esprit. Des doutes d’ailleurs rapidement dissipés par le fait de voir la participation, aux tâches manuelles, des « gran patron ». Signe, pour Naden, que chez Oxenham, on travaille d’abord avec passion et humilité. « Kan ou trouv enn patron lor enn masinn, li-mem pe fabrik kapsil divin, ou fini konpran dan ki kalite konpani ou fi’nn rantre ». On parlera aujourd’hui de « culture d’entreprise » ; il y a 42 ans, Naden l’avait déjà observé.

2. Un dépannage pas comme les autres, dans la nuit d’un vendredi en plein décembre

L’un des souvenirs les plus marquants pour Naden est sans doute le dépannage d’un camion en pleine nuit, un jour de décembre. « Desam, livrezon pe bat plin e klian pa gagn drwa atan ». Il se remémore cette fameuse nuit de décembre lors de laquelle les chauffeurs, chargés d’une livraison au Morne, tombent en panne. Il aura fallu une nuit pour remorquer le véhicule qui arrivera finalement à Phoenix aux alentours de 4 heures, le samedi matin. Naden et son équipe se donneront à fond pour remettre le camion en l’état et s’assurer que la livraison puisse se faire au plus vite.

Une situation qui traduit le sérieux de toute une équipe et l’importance de son département dans les affaires de l’entreprise. « Si kamion pa bon, pena livrezon. E kan pena livrezon, biznes net kapav afekte ». Naden se dit conscient de la grande responsabilité qui l’incombe, il s’est néanmoins toujours montré prêt à aller jusqu’au bout pour que le travail aboutisse. « Kan ou vinn travay, bizin pa fer li pou kas. Bizin travay avek pasion, kas-la pou vinn tousel ».

3. De la rue Harris à Port-Louis aux nouveaux bureaux à Phoenix

Naden n’aura pas seulement observé le déménagement des locaux d’Oxenham de la rue Harris à Port-Louis à ses nouveaux bureaux à Phoenix ; il aura aussi participé à la réussite de ce grand projet, à sa façon. Alors expert en réparation de camions, il est sollicité pour jeter un coup d’œil à un tracteur tombé en panne et qui sera utilisé pour niveler le terrain de Phoenix sur lequel sera construit le nouveau bâtiment.

Naden confie avoir été surpris par ses propres capacités à démonter, réparer puis remonter le moteur d’un tracteur. « Sa ti kouma dir enn mirak pou mwa ki mo’nn resi repar sa trakter la. Bann-la ti bien bizin sa masinn la parski konstriktion ti bizin fer vit-vit. Dan enn premie tan, lekip konstriksion ti pe pans pou pran enn lot trakter. Mwa mo’nn persiste pou omwin esey repar li. E mo’nn resi. Zordi, se enn de mo pli gran fierte ».

Cette envie d’apprendre et de découvrir de nouvelles compétences est ancrée en Naden. Au-delà de la remise en l’état des camions et des voitures de l’entreprise, Naden a aussi eu la chance d’apprendre à réparer les machines de l’usine. « Se ki bon isi se ki bann patron fer nou konfians pou esey met lame dan tou kalite masinn. Mo’nn deza aranz masinn lav boutey, masinn fabrik kapsil e mem zenerater lizinn ».

Fort de ses années d’expérience, Naden est aujourd’hui en mesure de conseiller aux plus jeunes qui rejoignent les équipes d’Oxenham de ne jamais se reposer sur leurs lauriers. Pour avancer, confie-t-il, toujours faire preuve de détermination, de curiosité…et d’une pointe d’audace !

4. Naden, Member of The Star and Key of the Indian Ocean

L’on pourrait penser que tant d’années de travail rendrait Naden un peu fatigué. Mais ce serait mal connaitre le personnage. En dehors de son travail de chef mécanicien qu’il fait avec passion, Naden est aussi très engagé dans le social et dans la vie religieuse. « Mo ena lasans okip enn tanp dan Terre-Rouge. Mo organiz bokou la prier e fonksion pou bann dimounn dan landrwa ». D’ailleurs, quand il n’est pas au garage dans nos locaux à Phoenix, c’est au temple qu’il passe le plus clair de son temps. Un passe-temps et une responsabilité qui résument bien la vie du sexagénaire.

C’est d’ailleurs cet engagement sans faille qui lui a fallu la décoration de la République du « Member of the Star and Key of the Indian Ocean. Une récompense d’un très haut niveau qui rend Naden particulièrement fier. « Sa rekonpans la fi’nn montre mwa ki mo bann zefor, mo disiplinn e mo langazman pa fi’nn fer dan vid ». Naden se décrit comme un éternel altruiste ; il estime que sa mission dans la vie est toujours d’apporter une main généreuse à toute personne qui a besoin d’un coup de main. Il dit surtout ne jamais aider en attendant quelque chose en retour.

5. La retraite ? On n’y est pas encore !

A 64 ans, Naden confie ne pas songer à prendre sa retraite immédiatement. Bien que ses enfants voudraient le voir prendre un peu de repos, il s’imagine mal arrêter de travailler. « Se ki mo fer isi, mo pa konsider li kouma enn travay. Pou mwa se zis mo pasion, enn pasion ki mo ena lasan pou fer depi 42-z-an ».

Il y a quelques temps, Naden a été victime d’un grand accident de la route, provoqué surtout par la fatigue. Un malheureux événement duquel Naden a été chanceux de sortir indemne mais qui lui aura peut-être ouvert les yeux quant à un besoin de repos. Cependant, il affirme qu’il sera toujours disponible pour donner un coup de main, car, pour lui, la mécanique n’est pas seulement un métier, mais une véritable vocation. « Pou ena enn zour ki mo pou aret travay. Me mo pou touzour pasione avec travay mekanik e mo pou touzour pre pou depann kiken ki bizin led ».

A celui qui aura vu plusieurs générations intégrer les équipes d’Oxenham, nous souhaitons bonne continuation !